III. Ses débuts, ses premiers succès
Etienne Gautier débuta au salon de Lyon en janvier 1867, à l'âge de 25 ans, avec une excellente tête d'étude, un Changeur.
Voici un aperçu de ce qu'en dit le Réveil de Lyon du 24 février 1867 : "Elle est, sans contredit, une des plus belles toiles du salon. Cette physionomie d'avare est tout
un poème ! Quelle expression ! et comme le peintre a bien su rendre sur ces traits anguleux l'ardeur inquiète, la cupidité, toutes les mauvaises passions qui s'agitent dans cette âme de juif.
C'est une peinture large et vigoureuse." Mais le Courrier de Lyon (du 5 mars) est encore plus élogieux : "Le Changeur d'Etienne Gautier donne une haute idée des
heureuses dispositions artistiques de son auteur (...). Largeur, fermeté de touche, richesse et harmonieuse chaleur de coloris, puissance de pensée, le nouveau peintre lyonnais fait preuve de
toutes ces qualités éminentes pour son coup d'essai. Le Changeur, qu'il nous représente somptueusement vêtu de velours et de fourrures, comptant les piles d'or et d'argent
sur une table couverte d'un riche tapis, n'est au fond qu'une variante de plus du type éternel de l'avare. Mais, au lieu de suivre la banale ornière des poncifs d'ateliers, qui figurent toujours
cette passion sous la forme d'un vieux grippe-sous crasseux, misérable, et bêtement cupide, M. Gautier a trouvé de bien meilleur goût de personnifier l'amour de l'or dans un vieillard opulent
(...) dont le vice ne se trahit que par le jeu de la physionomie aux lèvres pincées, au front calculateur, aux yeux méfiants, et par la volupté avec laquelle la main caresse le précieux
métal."
Le Changeur rappelle la vigueur, la justesse réfléchie, la puissance sobre, l'effet concentré autour du point lumineux et cette solidité de pinceau des grands
maîtres du clair-obscur. Etienne Gautier s'était imprégné de leur génie pendant un long séjour en Hollande. (Le tableau figure aujourd'hui dans les collections du musée Déchelette à
Roanne. Ndlr).
Autre témoignage de son habileté : La Petite fille au perroquet :
Cette toile fut très remarquée au salon des Champs-Elysées de 1668 ; elle était signée Arnaud, car Etienne cherchait à dépister la renommée. La presse lui fit cependant brillant accueil, et le
Tintamarre du 28 juin écrivit :
"Le perroquet vert, la gamine
Blanche et rose, c'est l'arc-en-ciel
Que le gros chat noir examine.
Le tout est bien peint : c'est l'essentiel !"
La Vierge au baldaquin (dont nous reproduisons ci-dessous la photocopie d'un magazine de 1909) est une inspiration des maîtres italiens. Cette toile, destinée à être placée au fond d'une
église sombre, devait frapper et retenir le regard par l'éclat du coloris. La Vierge Marie est assise, candide et sérieuse, sur un trône, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras. Deux figures de
saints, debouts, à droite et à gauche, complètent l'arrangement selon le goût classique. A gauche de la Vierge, près de saint Charles Borromée, quelques-uns ont cru voir, sous les traits de la
sainte Eugénie, la soeur d'Etienne,
trop tôt enlevée à la terre.
A propos de la peinture religieuse, Etienne Gautier écrivit : "Autrefois, la religion inspirait les artistes, elle a produit les plus grands chefs-d'oeuvre ; maintenant,
il semble que tout est trop beau quand il s'agit de Dieu, et la peinture n'est plus que le rebut de l'art."
De nombreux tableaux restaient disséminés dans les salons de Ressins ou entassés dans son atelier (cet atelier exite toujours, il a été réaménagé il y quelques
années en salle du personnel).
A son époque, on était surpris : ce travailleur acharné est un homme du monde qui jouit d'une grande situation de fortune, de ces loisirs faciles où se noiens tant
d'autres talents. On ignorait qu'Etienne était une âme toute d'activité et d'action, pénétrée du prix de la vie, d'une trempe spéciale, visant toujours, en toutes choses, le plus haut, le plus
inaccessible, le plus périlleux. "Les dons, disait-il, ne sont qu'une promesse, il faut y joindre l'intelligence de leur emploi et la volonté de la discipline ; c'est un labeur et un fardeau, une
gloire et une épreuve."
Comment la fortune eût-elle pu devenir pour lui un obstacle au travail ? Il en était détaché, elle lui paraissait un bien étranger, un dépôt dans toute l'acceptation du
mot ; il ignorait qu'elle fût une source de jouissances, et c'est là sa belle originalité.
A suivre.
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Parmi les stands tenus par des anciens élèves de l'école,
le public pourra découvrir 5 viticulteurs. Quatre d'entre eux étaient présents à la soirée, afin de déterminer ensemble de mêmes objectifs. Ils nous ont fait également apprécier
leurs différentes productions.
Etienne Gautier naquit le 21
mars 1842, à 19 heures, à Marseille. Il appartenait à une excellente famille lyonnaise, où la foi et la vertu étaient héréditaires. Son grand-père -Etienne- enfant à
l'époque de la Révolution qui avait ruiné sa famille, entra comme secrétaire chez un représentant du peuple, et sauva, par sa présence d'esprit, plusieurs victimes destinées à l'échafaud. C'était
une nature énergique et tenace, une intelligence vive et audacieuse ; plus tard il édifiait seul, en toute loyauté et honneur, l'immense fortune de sa famille.
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